Menhirs: Les Pierres aux Fées

Dans le bourg de Saint Micaud se dresse l'un des plus beaux menhirs de Bourgogne.
Une très vieille légende expliquait ainsi leur présence:

 " Il y a longtemps, très longtemps, vers la fin avril, au moment des Rogations, partout dans les campagnes des processions solennelles allaient à travers champs pour demander à Dieu de bénir les cultures, les animaux, le travail des hommes et d'écarter les maladies contagieuses. A cette occasion, on devait prier, suivre les cortèges et, sous peine de sanctions graves, personne ne devait travailler. Malgré cela, bravant les interdits, un paysan et sa femme trimaient dur dans une terre situé tout près de la Chapelle du Genetoye, au lieu-dit la Pièce. L'ouvrage pressait et rien ni personne n'aurait su les distraire de leur besogne. Ils ne s'arrêtèrent même pas quand la procession vient à passer. Une telle impiété ne pouvant pas rester impunie. Elle méritait un châtiment exemplaire. Lorsque le saint sacrement parvint à leur hauteur, les deux sacrilèges furent instantanément transformés en pierres. Depuis, les deux grandes pierres jumelles de Saint-Micaud rappelaient aux passants qu'on ne défiait pas impunément la justice divine." 

extrait du livre Menhirs de Bourgogne - L'art mégalithique bourguignon (éditions La Physiophile) par Louis LAGROST et Pierre BUVOT.

Les deux monolithes étaient plantés à environ cinq mètres l'un de l'autre. L'un tomba au début du 19ème siècle. Il a été cassé vers 1860 et incorporé dans un bâtiment en construction de la ferme toute proche des Ragots. Le second s'est abattu dans la nuit du 24 au 25 Janvier 1871 à la suite du dégel et, peut être aussi, à cause de sapes pratiquées par des chercheurs de trésors. Trois année plus tard, le propriétaire a voulu se débarrasser de ce grand bloc qui encombrait son jardin. Il l'a basculé dans une profonde tranchée creusée tout contre.
En 1911, Victor Berthier, président de la Société d'Histoire Naturelle d'Autun, mais correspondant de la commission des monuments mégalithique de Saône et Loire, entreprit de faire exhumer la pierre enfouie et de la redresser en bordure de route. Le maître de forges du Creusot, Eugène Schneider, prêta son concours et fournit les moyens mécaniques nécessaires au transfert et au levage. L'extraction et la manutention de ce bloc de grès de 6.35 mètres et pesant plus de quinze tonnes présentaient quelques difficultés. Le monolithe fut remis debout le 28 février 1911.
Classé Monument Historique, ce menhir présente des ornements sur la face plane orientée à l'Est. En 1985, par une détection nocturne en lumières rasantes, l'intégralité de ces signes a pu être détectée et étudiée.
 

 

Sources:  Menhirs de Bourgogne - L'art mégalithique bourguignon (éditions La Physiophile) par Louis LAGROST et Pierre BUVOT
                Le Menhir de Saint Micaud  par Victor Berthier & Joseph Déchelette